Militer au PS à Cachan (témoignage)

À 16 ans, j’ai eu envie d’agir sur la société, de faire entendre ma voix en militant au sein d’organisations syndicales lycéennes et politiques. Dans les années 70, il s’agissait de lutter pour la Paix au Vietnam, pour la liberté d’expression, pour les droits des femmes, pour l’égalité des chances et l’accès des enfants d’ouvriers à l’université. Tout engagement s’inscrit dans les réalités d’une époque.

Il y a plus de 20 ans que j’ai adhéré à la section du PS de Cachan.


Aujourd’hui, beaucoup d’anciennes batailles peuvent sembler dépassées, cependant, 40 ans après mes premiers engagements, je suis toujours aussi révoltée par une société qui exclue, par des réalités inacceptables. (Il serait trop long de tout énumérer)


Fondamentalement bien des combats restent d’actualité, d’autres sont apparus, d’autres apparaîtront et parce que le militantisme a arraché des victoires, j’ai envie de dire que la révolte seule n’est pas satisfaisante même si elle vaut mieux que le découragement .


En 2009, pourquoi encourager mes concitoyens à s’engager avec nous dans la section du PS de Cachan ?


Pour ne pas se sentir impuissant face aux bouleversements quasi dictatoriaux que nous impose un gouvernement tenu en laisse par un président qui se veut, lui, tout puissant .


Que vous soyez victimes de la crise ou pas encore touchés , beaucoup parmi vous en ont assez d’argumenter seul face à leur télévision, en famille ou dans le cercle d’un petit groupe de copains.

Ils envient ceux qui parviennent à se faire entendre.

Ils s’impatientent de voir que leur désir de changement, la réalité de leurs difficultés, la légitimité de leurs droits et de leurs revendications ne sont relayés que par de belles paroles.

Ils s’interrogent sur l’action des politiques.

Beaucoup attendent que la Gauche porte leurs aspirations. Les socialistes se battent et si vous ne les entendez pas ce n’est pas qu’ils soient muets, c’est que leur parole, leur combat sont trop souvent occultés au profit de la médiatisation de discussions internes qui ne sont qu’une facette de la vie politique.


A Cachan, les socialistes ne sont ni démodés, ni refermés sur eux-mêmes. Ils cherchent à voir les rejoindre dans l’action et la réflexion, le plus grand nombre d’hommes et de femmes dont les parcours de vie et les expériences sont tout à la fois différents et similaires aux leurs.



Il s’agit de faire nombre pour se faire entendre.


Il s’agit de faire nombre pour peser sur les décisions politiques, pour infléchir les choix, pour susciter les réformes.


Il s’agit de faire nombre pour échanger et se nourrir des réflexions d’autrui : de ceux qui s’engagent au nom des mêmes principes sans pour autant avoir les mêmes positions sur tous les sujets.


Il s’agit d’enrichir la pensée et l’action collective par la pensée et l’action de l’individu et en retour, d’enrichir la pensée et l’action de l’individu par la pensée et l’action collective.


Militer à Cachan c’est d’abord aller à la rencontre des gens, écouter pour mieux comprendre, pour expliquer et relayer la parole.

Les socialistes de la section de Cachan sont multiples, entre- eux, ils savent faire entendre leur singularité mais leur force c’est leur volonté de toujours se regrouper pour mener ensemble les actions efficaces conforment à leurs convictions.



Vous les croisez partout et pas seulement lors des distributions de tracts ou les élections.


Ils viennent d’ailleurs de différents milieux socioculturels, vivent dans différents quartiers, beaucoup appartiennent aux associations qui animent la vie locale et la confrontation aux

réalités de notre ville irriguent leur réflexion. Ils sont présents dans tous les combats locaux.


Certains craignent, comme on se plait à le répéter dans les médias, qu’une section socialiste soit un espace de formatage ou de déchirement permanent, à Cachan, et ce n’est pas nouveau, tous les militants existent et s’appliquent à la démocratie interne. Ils savent qu’ils seront écoutés , respectés dans leurs choix et, en dépit de leurs différences, ils s’apprécient.

 

Pour avoir, à plusieurs reprises pris des positions qui n’étaient pas celles de la majorité des socialistes de la section, j’ai pu constaté que jamais il n’avait été question de ne pas me confier les responsabilités que je souhaitais exercer, j’ai même parfois eu le sentiment qu’au contraire, la section cherchait à donner une place à la diversité. Comme elle cherche toujours à promouvoir la parole des jeunes dont la vision du monde, naturellement différente, est souvent novatrice donc régénératrice.


Il ne s’agit pas d’une vision angélique. La vie politique locale est ce que nous en faisons et nous avons fait de notre section un lieu de conviction et d’échange .Parce que nous sommes soudés dans l’action nous ne demandons qu’à nous élargir. Nous pouvons offrir à ceux qui cherchent à mobiliser leur énergie pour agir un véritable espace de proposition.

C. M.


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